Bois du Gelinot

Ripisylve de l’Isère

Les berges de l’Isère de la commune de Noyarey constituent un réservoir de biodiversité particulièrement rare dans l’agglomération de Grenoble. En effet, au cœur de ces berges, le « bois du Gélinot » constituent l’une des dernières forêt alluviale de l’Isère, accueillant une flore et une faune à protéger.
Cependant, le caractère « alluvial » du bois est menacé depuis la construction du barrage hydroélectrique de Noyarey-Saint-Égrève. Le Furon, qui coulait jusque là au cœur de ce bois, a en effet été détourné à l’occasion de cette construction, pour se jeter dans l’Isère, en aval du barrage. Ainsi, au fil du temps, le bois se transforme progressivement, accueillant de plus en plus d’arbres qui ne sont pas typiques des forêts alluviales (Robinier faux acacias par exemple) et réduisant d’autant la biodiversité du secteur.

Action communale

Depuis plusieurs années, la municipalité a entrepris un long travail de protection et de mise en valeur de cet espace, à travers diverses actions :

  • Surveillance de la nature de l’occupation du sol, dans ce bois qui est aujourd’hui presque exclusivement privé, afin de rappeler l’interdiction de déboisement, ou encore, l’interdiction de construire ou de stocker des matériaux à l’air libre.
  • Classement des berges de l’Isère en corridors écologique à protéger et en zone humide, dans le cadre du Plan local d’urbanisme.
  • Demande de remise en eau du ruisseau du Gélinot auprès d’EDF, puis auprès de l’agglomération (Grenoble Alpes Métropôle – La Métro).
  • Demande de classement dans l’inventaire des « Espace Naturel Sensible » du Conseil général de l’Isère, actuellement à l’étude.

Le caractère exceptionnel de la ripisylve de Noyarey sur les berges de l’Isère, et du bois du Gélinot en particulier, est enfin renforcé par la reconnaissance par la Région Rhône-Alpes, de l’existence d’un corridor majeur, reliant la Chartreuse et le Vercors, au travers de son « Schéma régional de cohérence écologique ». Ce corridor est en conséquence inscrit dans le Plan local d’urbanisme de Noyarey.

Les étapes à venir :

1- La municipalité cherche à obtenir un accord de la Métro pour la prise en charge de la remise en eau du Gélinot. Seule une remise en eau permettrait de conserver durablement le caractère « alluvial » de cet espace remarquable.
Une étude hydrologique de l’ensemble de la plaine de Noyarey sera nécessaire pour connaître les incidences d’une remise en eau du Gélinot. Celle-ci permettra également de préciser les travaux à envisager.

2- Une fois cette remise en eau actée, la commune et le Conseil général de l’Isère pourront valider la labélisation du site en tant qu’Espace Naturel Sensible (ENS).
Le site pourrait alors comporter à terme :

  • Une zone d’intervention, correspondant aux parties boisées des berges de l’Isère (constituant la ripisylve à proprement parler), de Sassenage à Veurey. Dans cette zone, des aménagements de protection de la biodiversité pourraient ainsi être financés par le Conseil général de l’Isère et par l’Agence de l’eau.
  • Une zone d’observation, s’étendant là encore sur les berges de l’Isère entre Sassenage et Veurey, mais aussi, entre la Chartreuse et l’Isère. Cet espace protégé permettrait ainsi de surveiller plus aisément les migrations de faunes et de flore dans le secteur.